Du 12 au 20 octobre / Cinéma / 26-Drôme
Ce festival atypique mené par une équipe de bénévoles cinéphiles enthousiastes, défend avec énergie un cinéma d’auteur indépendant et novateur. Avec un grand nombre de projections de films en avant-première ou inédits en France, il répond à la volonté de représenter les cinq continents. Le Festival est, en outre, un tremplin pour le court-métrage. Pendant une semaine, il propose des projections mais aussi, des soirées thématiques avec repas et, parfois, musique, des débats et des tables rondes et des animations diverses…
Alexis Vachon, programmateur du Festival du film de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Le festival fête ses 20 ans d’existence. C’est assez rare pour être signalé. Vous fêtez l’évnènement ?
Oui, on aura une soirée d’ouverture le vendredi 12, à laquelle on a invité tous nos anciens présidents de jury, en particulier Patrice Leconte, dont nous diffuserons le documentaire sur le Cambodge plus tard dans la soirée.
Quel est le secret de la longévité, selon vous ?
Je pense que, sans parler de l’équipe de bénévoles qui est vraiment extraordinaire, ce sont les thèmes du festival qui sont vraiment dans l’air du temps, avec cette idée génial des créateurs du festival de zoomer sur les courts métrages. Les conflits dans le monde sont souvent des conflits culturels et ces courts métrages nous permettent de laisser s’exprimer d’autres cultures pour mieux les comprendre. Il y a aussi, je pense, pour que le public reste fidèle, une qualité de la programmation. Nous passons souvent des films non commerciaux, les gens reviennent sans savoir ce qu’ils vont voir, ils nous font confiance. Et puis les courts métrages attirent le jeune public, la nuit du court métrage est d’ailleurs toujours complète.
D’où vient votre public ?
Il est d’abord local bien entendu mais ça va de Valence, Romans jusqu’à Avignon quand même.
Vous parlez des deux axes du festival : des films ouverts sur le monde et des courts métrages à découvrir. Il y a aussi beaucoup d’animations autour des projections. C’est important de proposer plus que des projections ?
C’est quelque chose qui s’est développé beaucoup au cours des années. Un festival doit pouvoir se faire rencontrer les gens et proposer des débats ; il y en a un quasiment après chaque film. Et puis on a un immense chapiteau à côté de la salle, où on peut manger, boire, continuer à discuter ; on aura cette année une soirée africaine, une soirée slam pour laquelle on fait venir deux slammers qui sont dans le film et on organise des ateliers slam… Le vendredi, la projection de « Control », le film sur la vie de Ian Curtis (le leader de Joy Division) sera suivie d’une soirée rock… Les films sont un prétexte à la rencontre.
Quelles sont les difficultés d’un festival de cinéma ?
On est tous bénévoles sauf une personne qui coordonne l’équipe. Côté financement, le festival est aujourd’hui bien subventionné par la commune, le département, la région et la DRAC. Ce sont des subventions stables depuis plusieurs années. Ensuite nous avons des sponsors privés : les commerçants de la ville et les viticulteurs du Tricastin. Les entrées ne sont pas la principale source de financement. On essaye que le prix ne soit pas un obstacle pour les gens. La difficulté, ce n’est pas seulement de choisir les films mais c’est aussi d’obtenir des avant-premières. Nous nous rendons chaque année à Cannes pour les longs et à Clermont-Ferrand pour les courts métrages. Ce 20ème anniversaire montre que les distributeurs nous font confiance et ont pris conscience que pour lancer des films, les avant-premières sont une bonne solution.
En dehors du festival, l’association a-t-elle développé d’autres activités ?
Oui, nous organisons des ciné - rencontres tout au long de l’année. Les thèmes sont très divers. En ce moment, par exemple, on est en train de monter une avant-première avec RFI pour février, pour un film sur les enfants soldats…
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